Familles avec enfant ayant des besoins particuliers – un séminaire pour développer la pratique en musicothérapie

RESUME DE LA PRE-CONFERENCE du 07/08 NMTC 2018
« Families with children with special needs-a seminar to develop music therapy practice »

Ce séminaire était organisé et présenté par Tali Gottfried (Israël), Gloria Thompson (Australie), Stine Lindhal Jacobsen (Danemark).
22 participants.


Résumé du chapitre du livre des trois auteurs à lire, préliminaire à la conférence :
(Ce livre concerne l’étude de quatorze auteurs ayant des approches différentes sur la question)
Jacobson, S. L., & Thompson, G. (2016). Working with families: Emerging characteristics. In S. L. Jacobson & G. Thompson (Eds.), Music Therapy with Families. Therapeutic Approaches & Theoretical Perspectives. (pp.309-328, Ch. 14) London: Jessica Kingsley.
(résumé : D. Praquin)

Dans l’Histoire de la thérapie familiale, quelques notions émergentes :
-S’adapter aux besoins individuels
-Développer la coopération et l’autonomie
-Donner aux parents les moyens de cela

En musicothérapie :
-Développer les ressources personnelles et la créativité
-Travail parfois séparé enfants/parents
-Travail autour de l’adoption
-Solutions parentales à intégrer

Références :

-Théorie de l’attachement (Stern, Ainsworth, Bowlby,Schore) qui met en jeu la disponibilité émotionnelle, la réactivité,la sensibilité parentales à des degrés divers ; la relation à l’enfant qui lui, ne donne que des indices (pas ou peu de mots).
-Winnicott pour le développement du lien à travers le jeu, pour tisser la confiance. La musicothérapie est une approche positive, non menaçante, soutenante (holding), même dans les pires cas.
-Théorie de la communication non verbale (exemple de la néo-natalité). Ces dix dernières années les recherches sur la question se sont beaucoup étendues : davantage d’études sur
-la néo-natalité
-l’autisme
-les familles à risques

Il a manqué des études sur : les soins palliatifs, pédiatriques, la démence et les familles réfugiés.
Les études portent également sur l’amélioration générale des rapports familiaux à travers la pratique musicale en général, même sans thérapeute.
Amélioration du comportement, de la confiance en soi, du bien-être dans tous les cas observés.
Observation de la famille comme « système écologique ».
Il a été également observé que la musicothérapie favorise la qualité des interactions sans jugement, du jeu libre, du développement de l’autonomie de l’enfant et est adaptée au travail avec les familles étrangères.

La vigilance du thérapeute doit s’exercer sur le fait de :
-Ne pas interrompre
-Ne pas prendre la place du parent
-Respecter les connaissances, les vœux , la culture et les ressources des familles
-L’expérience, l’expertise, les valeurs parentales doivent être valorisées, la collaboration mise en avant
-Le thérapeute s’accorde avec chaque membre de la famille ; il peut par exemple suivre/précéder en alternance dans un flot dynamique tel ou tel membre
-Le thérapeute facilite en variant les moyens ; il peut se rapprocher par exemple d’un rôle de« coach », d’un collaborateur plutôt que de celui d’un « expert».
-Son attitude est primordiale
-Il exerce un double rôle dans les interactions musicales : facilitateur/modèle
-Certains thérapeutes travaillent avec les parents seuls
-Le thérapeute promeut l’autonomie musicale de la famille, qui s’approprie les outils de la musicothérapie (chant, répertoire, usage quotidien, prêt d’instruments simples à la maison) pour un développement de la confiance en soi, de ses compétences et la transmission éventuelle aux frères et sœurs.
-Le thérapeute travaille au renforcement de l’équilibre de la famille à travers les éléments sains du système familial, pour évoluer avec des stratégies d’aide, vers un renforcement de la confiance, des connaissances familiales musicales, vers la résilience.


Méthodes et techniques :
-Promouvoir un « cadre » .
-Point commun : impro « attitude », chants, plus encore que la musique écoutée.
-Suivre et soutenir l’engagement des participants.

 
Quelles différences constatées dans le travail entre un groupe X et un SF ?
Un SF a davantage de buts communs, de cohésion. Elle s’unit autour de besoins communs, crée des liens dans le bien-être et la santé émotionnelle.
Trois « focus » : trois façons différentes de travailler :
1-Enfant fragile face au système familial
2-Besoins des parents dans le système familial
3-Soutien global du système familial


Analyse :
Le 1 sera effectif si la santé familiale globale est bonne ; mais est-ce le seul but ? Le seul bénéfice ?
Le thérapeute doit préciser que le travail joue sur l’ensemble du système, doit avoir une position éthique, doit être conscient des différents niveaux de demande des membres de la famille, être très clair sur les buts thérapeutiques, en toute transparence et fournir des pratiques d’évaluation, allant vers une responsabilisation parentale. (Il y a interaction entre ces pratiques et les buts que l’on se fixe).
L’alliance thérapeutique ne se fait que si l’information est clairement énoncée, le travail, clair et collaboratif.

Rôle du thérapeute :
Provoquer, diriger, guider ; promouvoir des « espaces personnels » pour chacun des membres de la famille ; avoir conscience de son rôle dedans/dehors, se tenir à son rôle, car le SF génère des émotions fortes ! Trouver la meilleure façon de faire différente pour chaque SF !


Risques :
Former une alliance avec certains membres
Déresponsabiliser la famille qui se repose trop sur le thérapeute.

Bibliographie :
Thompson, G. (2016). Families with preschool aged children with autism spectrum disorder. In S.
L. Jacobson & G. Thompson (Eds.), Music Therapy with Families. Therapeutic Approaches &
Theoretical Perspectives. (pp.92-115, Ch. 4) London: Jessica Kingsley.
Gottfried, T. (2016). Music-oriented counselling model for parents of children with autism spectrum
disorder. In S. L. Jacobson & G. Thompson (Eds.), Music Therapy with Families. Therapeutic
Approaches & Theoretical Perspectives. (pp.116-134, Ch. 5) London: Jessica Kingsley.
Jacobsen, S. L. (2016). Child protection: Music therapy with families and emotionally neglected
children. In S. L. Jacobson & G. Thompson (Eds.), Music Therapy with Families. Therapeutic
Approaches & Theoretical Perspectives. (pp.199-220, Ch. 9) London: Jessica Kingsley.